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05.03.2009

Point de presse de M Alain Vidalies. Secrétaire national au travail et à l’emploi

Revenons sur la situation de l’emploi et du chiffre de 90 000 demandeurs d’emplois qui vient d’être cité. Sur ces 90 000, 17 000 seulement proviennent des plans sociaux et des licenciements économiques ; Les autres sont issus de fin de CDD, de fin d’interim ou de ruptures conventionnelles. Nous sommes dans une situation un peu particulière à cause de la loi sur les heures supplémentaires. Si l’on regarde tous les processus de ralentissement économique depuis des décennies, tous se traduisent de la même façon : les entreprises commencent par réduire le nombre d’heures supplémentaires et si les difficultés persistent, elles limitent les CDD et l’interim, pour aboutir ensuite à un plan de sauvegarde.


Cette fois-ci, les choses se passent à l’envers avec une situation qu’il nous faut dénoncer car elle heurte le bon sens. Avec le 3ème  trimestre 2008, nous sommes confrontés à une explosion des chiffres du chômage et en même temps à une augmentation des heures supplémentaires. Les entreprises ont d’abord procédé à la fin des CDD et de l’interim tout en conservant les heures supplémentaires, car elles ont un avantage fiscal à y avoir recours. De ce fait, des salariés se sont retrouvés précipités plus tôt dans le chômage.

Comment accepter raisonnablement le pronostic du gouvernement qui prévoit 300 000 chômeurs supplémentaires d’ici la fin de l’année, alors que l’on vient déjà d’annoncer 90 000 chômeurs supplémentaires sur un seul mois, soit 140 000 en données brutes. Il y a deux solutions, soit le gouvernement se trompe lourdement sur l’analyse qu’il fait de la situation en pensant que cette situation serait éphémère, soit le gouvernement ment délibérément en essayant de rassurer malgré la réalité, ce que nous ne demandons pas.

Il faut revenir sur le débat du moment par rapport à ce que ce gouvernement a fait. Ce qui pèse sont des mesures qu’il aurait fallu supprimer ou au contraire des dispositifs qu’il aurait fallu prolonger. Citons quelques exemples :

Beaucoup semblent ignorer que l’on a supprimé l’allocation équivalent retraite, ce qui n’est pas négligeable. Les chômeurs en fin de droit depuis une loi que nous avions votée en 2001, avaient une indemnisation d’un peu moins de 1000 euros, C’est précisément la différence entre cette somme et l’Allocation spécifique de solidarité de 450 euros, seulement. Pour la personne concernée, son traitement psse à 2 fois moins. C’est la différence entre la survie et la misère. A cause d’un texte voté en 2008, 70 000 personnes se voient pénalisées.

Ce n’est pas opportun de fonctionner avec la peur de la recherche d’emplois pour les plus de 57 ans. Faut-il après les cohortes de jeunes, envoyer aussi au pôle emploi les seniors, qui vivent cela comme une absurdité à leur égard ?

Enfin, il nous faut redire l’absurdité de la mise en place des heures supplémentaires. C’est un vrai problème sur la question du rapport à l’entreprise. Quel est le message qui consiste à dire vous êtes chômeurs et mal indemnisé, vous allez devenir chômeur et plombier ? Vous n’avez qu’une petite retraite, devenez alors retraité et déménageur ! Renvoyer ces personnes à un statut intermédiaire tel que celui d’auto-entrepreneur correspond à cette réalité-là, ce qui n’est pas le meilleur moyen de protéger l’emploi et les entreprises. C’est en somme une légalisation d’une forme de travail au noir, ce qui par rapport aux petites entreprises qui créent des emplois va leur imposer un statut destructeur. C’est le cas des TPE et de l’artisanat. Nous demandons un débat public sur la question des auto-entrepreneurs.

Pour ceux qui pouvaient dans le cadre de carrières longues, partir à la retraite, rajouter dans la loi en 2008, plusieurs mois nécessaires à ces gens pour qu’ils aient droit à leur retraite, cela signifie que dans des entreprises comme à Sandouville, vous vous retrouviez avec des salariés qui auraient pu partir à la retraite, l’an dernier et qui sont obligés de travailler une année de plus.

Enfin pour ce qui est du contrat de transition professionnelle qui est une bonne mesure, pourquoi devrions-nous limiter cela à des bassins d’emploi ? La crise est mondiale et concerne tout le monde, quel que soit le territoire ou le secteur dans lequel on évolue. Il faut aider tous ceux qui sont victimes de la crise. C’est pourquoi concernant les suppressions d’emplois, nous demandons qu’il y ait au moins un moratoire sur la suppression des 30 000 emplois publics prévus pour cette année, sans compter les 20 000 que le gouvernement a déjà supprimer.

Le chômage des jeunes a augmenté de 25 % en trois mois, car il y a un lien entre l’interim , les CDD et les jeunes qui occupent les emplois les plus précaires. Ce sont eux que l’on retrouve en premier dans les statistiques du chômage. S’ils sont les principales victimes de la crise et les premiers à être virés des droits aux Assedic, il faut prolonger de 6 mois la durée d’indemnisation sur la base de 80 % de salaires. Cela serait un signe fort en temps de crise et une manière de reconnaître que les jeunes sont les premiers touchés. Cela fait un mois que cette proposition est traitée avec dédain par le gouvernement.

Toutes ces mesures mériteraient un débat public que le gouvernement s’obstine à refuser.

 

 

 

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