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16.03.2009
Continental fait peur au Président
Un déploiement extraordinaire de forces de police a bouclé tout le quartier de l'hôpital de Rambouillet lors de la visite du Président de la République. Il ne fallait surtout pas que ce dernier entende la colère et la détresse des personnels de Continental licenciés à la suite d'un projet de délocalisation de la production vers la Tunisie.
Au moment où la procédure de licenciement est lancée, il semble par ailleurs que le budget d'investissement pour l'usine tunisienne ne soit pas encore décidé. Quand on sait que les résultats de l'expertise dans le cadre de la procédure du droit d'alerte montre que la production dans ce pays ne sera pas rentable pour Continental, il y a de quoi s'inquiéter. La direction allemande organise sans le dire la fermeture pure et simple du site. Cette situation particulièrement dramatique ne mérite pas un mot du Président de la République plus afféré devant un parterre trié sur le volet à vanter le projet de loi « Hôpital, santé, patients et territoires » qui organise le démantèlement du service public de santé et d'en découdre avec les syndicats qui ne tiendraient pas selon lui « des propos lumineux ». La lumière attendue n'est malheureusement pas venue du discours présidentiel. Les personnels de l'hôpital de Rambouillet ont bien compris qu'il n'y avait rien à attendre du Président pour mettre un terme à la pénurie des effectifs. Il sera même bien difficile de leur payer la totalité de leurs heures supplémentaires, en dépit d'une enveloppe dédiée au budget de la nation de 359 millions d'euros. Ce fut d'ailleurs la seule annonce concrète faite par le Président. Pour le reste, on accélère la gestion de l'hôpital public comme une entreprise privée. Nicolas Sarkozy n'a donc pas levé les inquiétudes au sujet du projet de loi actuellement en discussion au Parlement. On peut d'ailleurs se demander à quoi peut bien servir ce type de visite sur le « terrain » où la population est soigneusement écartée et le Président maintenu sous cloche pour lui éviter tout désagrément. La « douce France », chantée par Charles Trenet, n'a malheureusement rien d'universel surtout quand elle se limite à l'organisation d'une fiction politique. Mais les Continental étaient dans la rue, tenus à distance par un imposant cordon de CRS, pour rappeler au Président qu'il a aussi des devoirs envers ceux qui sont dans la vraie vie. Une vie qui ne les épargne pas aujourd'hui !
Didier Fischer (Secrétaire fédéral aux Territoires)
07:39 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : continental, yvelines, federation, ps |
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