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28.03.2009
Compétences?
Nous relayons un article de la Ligue des Droits de l'Homme
Les salaires des patrons des très grosses entreprises, singulièrement des sociétés financières, sont dans le collimateur. Et de dire qu'il s'agit d'un scandale inacceptable que les aides de l'Etat puissent être utilisées pour verser des bonus à ces patrons qui ont beaucoup investi dans les produits dérivés, que l'on appelle maintenant « toxiques ».
Mais Denis Kessler, PDG de SCOR déclare dans « Les Echos » : « A partir du moment où l'on ne reçoit pas de subvention de l'Etat, c'est une décision qui relève du conseil d'administration et de l'assemblée générale ». Dans le même temps, certains observateurs conseillent au président Obama de ne pas adopter des mesures fiscales de rétorsion, car cela risque de déstabiliser les banquiers américains au seul bénéfice des banquiers étrangers qui pourront recruter de très bons traders en les mettant à l'abri de ces mesures. Quant au PDG de la Société Générale, Daniel Bouton, il ajoute : « Il faut payer les gens au prix du marché si l'on veut conserver les compétences ». Et pour finir, on vient d'apprendre que l'une de ces sociétés vient de verser à ses vedettes financières 1 milliard de dollars de prime. J'ai bien dit 1 milliard.
D'où les quatre questions suivantes :
1. Est-ce que le gouvernement française ne serait pas plus crédible dans sa course à la morale financière s'il revenait sur le bouclier financier qui a eu pour résultat d'aggraver le déficit des finances publiques et d déstabiliser le système fiscal au profit de ces mêmes patrons qui gagnent des sommes à peine compréhensibles pour l'immense masse des salariés ?
2. Qu'est ce qu'un prix de marché pour rémunérer des gens qui s'en extraient eux-mêmes en pratiquant soit la fraude, soit le mensonge sur les résultats, soit la manipulation des règles comptables ?
3. Qui paie la différence entre une croissance à 0 % et des rendements sur investissements attendus à 15 % (c'et la norme des fonds à risque?), quand les rémunérations annexes des cadres dirigeants peuvent avoir augmente de 30% ?
4. La régulation par le marché est-elle une argumentation suffisante pour justifier un bonus de 1 milliard de dollars, sachant que cela correspond à 1826 salaires mensuels fixés à 1500 dollars? par jour ?
et une conclusion :
considérant que les rémunérations de ces gens ne sont pas des prix de marché, mais des rentes de prédation, il conviendrait de rémunérer effectivement les salariés qui le méritent pour leurs compétences, dans le bâtiment, le grand commerce, les services à la personne, les hôpitaux, les services publics, l'industrie, l'agriculture, etc. sans oublier toutes celles et tous ceux qui, au chômage aujourd'hui, ont été sacrifiés au nom d'une rentabilité essentiellement financière.
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