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28.04.2009

Pas catastrophique !

CASTRO2.jpgImportant mais pas catastrophique, a osé dire notre ministre de l’Economie, des Finances et de l’Emploi pour nous préparer au chiffre 63.400 de chômeurs en plus en mars.


Pas catastrophique, alors que le petit quart de million de chômeurs en plus depuis le début de l’année n’est que la première étape d’un mouvement qui ne semble pas près de s’arrêter.


Pas catastrophique, alors que nombre de plans sociaux sont toujours « dans les tuyaux » et vont cracher leur lot de chômeurs mois après mois.


Pas catastrophique alors que les mises en chantier du bâtiment ont diminué d’environ 20% au premier trimestre.


Pendant ce temps, la baisse de la TVA dans la restauration représentera un coût pour les finances publiques estimé à environ 3 milliards d’Euros. En échange d’une baisse de 10% du plat du jour et du petit noir ? C’est tellement énorme que je ne sais pas si c’est une nouvelle vérifiée ou un canular d’un comique un peu sadique.


Cela créera-t-il les 40.000 emplois (ils seraient d’ailleurs cher payés !) que promettent certains représentants de la profession de la restauration? Ce n’est pas la première fois qu’ils annoncent des chiffres qui ne voient jamais le jour, y compris celui-là.


Il faut aussi ajouter un petit détail, que Madame la ministre ne semble pas bien mesurer: Aucune entreprise, aucun entrepreneur quel qu’il soit, grand ou petit, ne fait des investissements nouveaux, n’engage du personnel nouveau tant que l’état de l’économie ne permet pas de voir clairement l’horizon futur, tant que la demande ne démarre pas.

Par contre, on peut affirmer que si la baisse du prix du plat du jour ou du petit noir n’auront pas d’influence sur le pouvoir d’achat des chômeurs actuels, pas plus que sur celui des chômeurs à venir, il peuvent avoir de l’influence sur certains bulletins de vote dans des élections futures….


Ce qui ne serait vraiment pas catastrophique serait qu’elle prenne en considération ce que la presque totalité des économistes affirment dans le monde entier, y compris dans les milieux, fort peu gauchisants, que Madame la Ministre fréquente depuis toujours: La lutte contre la crise doit être rapide, massive et doit intégrer le soutien et même la relance de la consommation. Dans le cas contraire, le coût final pour les finances sera d’autant plus grave que la crise sera bien plus longue.


Sans parler d'un autre petit détail que sont les chiffres catastrophiques d’un chômage qui frôle déjà les 2,5 millions de chômeurs indemnisés. Et si on ne joue pas avec les mots, même un journal comme le Figaro Economie estime le nombre actuel de demandeurs d’emploi à 3 480 700.


Madame la ministre a un langage particulier, dont elle nous fait bénéficier depuis son arrivée à Bercy.

Peut-on lui suggérer de ne pas nous infantiliser systématiquement? De ne pas chercher à nous endormir avec des présentations soi-disant optimistes qui ne servent qu’à remettre à plus tard la mise à nu de la vérité ?

Peut-on lui suggérer de se concentrer sur un véritable plan de lutte contre le chômage qui n’a aucune chance d’avoir des conséquences positives aussi longtemps que la consommation ne sera pas relancée ?


Jorge Castro

jorge.castro@magnyleshameaux-socialiste.eu

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