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30.04.2009

Citrons pressés

Je viens de lire quelques blogs proprement géniaux. Celui qui n’a pas encore la bonne solution pour sortir de la crise est un âne. Car il suffit d’écouter « les voix autorisées» pour trouver son chemin dans cette fausse foire d’embrouille.

Et à qui de citer l’OCDE et à qui de citer le FMI, la Banque Mondiale et encore et encore. C’est selon le goût de chacun.

Et la conclusion du pauvre pékin ignare est simple : Alors, ils regardent ailleurs, nos grands chefs qui ne voient pas les solutions là, à portée de la main et ne les appliquent pas dare-dare ?


Elles ont toutes en commun un point crucial : Il suffit de presser le citron pour que le jus coule à nouveau et devienne comme avant. Avec des goûts marqués et assez contradictoires pour les citrons à faire baver : Pour certains c’est les jaunes, bien grassouillets et luisants. Pour d’autres c’est les verts. Ils sont plus nombreux et après quelques coups de gueule rentrent à la maison car le lendemain il y a usine et la popote ne se remplit pas toute seule.

Alors que les jaunes, dès qu’ils sentent des petits doigts de l’Etat les approcher de trop près, glissants comme des savonnettes, partent en vadrouille vers des lieux paradisiaques ou leur menue monnaie reste bien tranquille à l’ombre pendant qu’ils dorent au soleil.


C’est de la démagogie, me direz-vous.

Oui, un peu mais  pas trop et ça défoule.


Et de votre coté quel nom d’oiseau accorder à tous ceux qui vous donnent des recettes qui consistent à dire : Faites les poches des autres car les miennes sont bien gardées.

Comment nommer ceux qui vous ressortent comme la dernière trouvaille pharmaceutique les mêmes pilules amères qui nous ont conduit au fond de la fosse peu ragoutante où nous sommes maintenant ? Quel traitement (de faveur, forcement) réserver à tous ces Folamour égoïstes, qui n’ont jamais regardé autre chose que leur propre image dans du papier glacé et qui pensent que du moment que leur soupe est bonne c’est que tout le monde mange chaud ?


Il a fallu, au siècle dernier, deux bonnes petites guerres bien meurtrières pour qu’on se dise que la solidarité avait du bon et que ceux qui ne pensaient qu’à eux ferment leur clapet quelque temps. Pas longtemps. Le temps de reconstruire tout ce qui ne tenait plus debout, et de partager pendant un temps un peu plus de richesse avec ceux qui la produisaient. Le temps de se remettre sur le cheval et de retrouver les bonnes vieilles habitudes qui avaient fait leurs preuves si longtemps au profit des plus méritants. Ou des plus malins.


Cette fois il n’y a pas eu de guerre, du moins pas pareil. Cette fois les enfants gâtés ont brisé seuls leurs jouets et mis eux-mêmes le feu à la maison.

Alors, on reprend la même potion amère ou on cherche un peu plus comment faire avec un peu plus de solidarité, même beaucoup plus de solidarité non pour remettre la vieille machine toute cassée en marche, mais pour construire une plus propre, moins dévoreuse de sueur, plus apte –encore des termes démagogiques- à une plus juste répartition de la richesse ?


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