« Citrons pressés | Page d'accueil | Hadopi »

30.04.2009

Communiqué du Groupe Socialiste du Senat

Les sénateurs socialistes défendront une autre conception de l’hôpital public

Durant cette journée de forte mobilisation du monde hospitalier, Jean-Pierre Bel et les sénateurs socialistes ont reçu la coordination médicale. Ils ont exprimé le soutien du groupe socialiste dans son combat contre ce texte de loi malvenu et dangereux.

Malvenu car l’hôpital public a déjà été soumis à une frénésie législative qui désorganise à chaque fois un peu plus les services hospitaliers, sans que l’on tire le moindre bilan de ce qui s’est fait auparavant.


Alors même que l’hôpital public a du mal à mettre en place la « nouvelle gouvernance », issue d’une loi de 2005, le système va être modifié une nouvelle fois, pour appliquer la lubie présidentielle du « chef », et réduire le rôle des médecins et des élus, qui sont pourtant les seules légitimités, avec le patient, de l’hôpital public.

Les sénateurs socialistes constatent également la mise à l’écart et l’affaiblissement du rôle des élus locaux dans la gestion des hôpitaux territoriaux. Ce qui est un contre-sens absolu avec l’objectif affiché de renforcer l’ancrage territorial des politiques de santé…

En termes de vision, ce texte est malvenu car il n’a pas la hauteur que le sujet mérite. La seule question de la gouvernance aurait justifié à elle seule un projet de loi à part entière ! Ce qui aurait permis d’approfondir une réflexion et d’aboutir à une réforme qui soit la plus consensuelle possible.

Dangereux aussi. En effet, ce texte consacre l’avènement de « l’hôpital entreprise » autour d’un « patron » appelé avant tout à être un bon gestionnaire financier. Il s’agit d’une rupture indéniable avec la dynamique de cogestion hospitalière entre l’administratif et le médical.

L’objectif sous-jacent du projet de loi est le démantèlement du service public de la santé. Il organise subrepticement une « vente à la découpe » de l’hôpital public, en permettant au secteur privé de reprendre des missions d’intérêt général et en donnant au nouveau Directeur des Agences Régionales de Santé la possibilité de détacher des missions en faveur du secteur privé. Conjugués à la fermeture d’établissements soi-disant non rentables, on a ainsi tous les éléments pour une dissolution progressive du secteur public de la santé et une disparition programmée de nombre d’hôpitaux publics au bénéfice des cliniques privées.

Le groupe socialiste du Sénat se battra fermement contre ce projet de loi en déposant plus de 450 amendements pour défendre sa conception de l’hôpital public.

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.