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04.05.2009

Et maintenant ?

CASTRO2.jpgTroisième manifestation sociale depuis le début de l’année. Manifestation et non pas grève, avec un peu moins de monde que les deux précédentes. Premier jour du premier long week-end du mois de mai, pendant une journée splendide. « Seulement » 1,2 millions de personnes dans le pays. Ce n’est pas rien, surtout dans ces conditions.


 

Pourtant, les possibilités de voir le gouvernement entendre le mécontentement, reflet d’une souffrance réelle et non pas caprice de nantis, ces possibilités sont faibles. M Hortefeux, ministre du travail et proche du président de la république, décideur unique de l’entité France sous son nouveau mode de fonctionnement, a de suite mis le point sur le i : Rien ne presse, il faut attendre les résultats des actions déjà entreprises.


 

C’est à dire, on reste sur les mêmes positions qu’auparavant. La logique économique retenue par le gouvernement bien avant la crise restera le phare qui guide nos responsables politiques.


L’effondrement mondial de la finance, sauvée –provisoirement ?- par l’oxygène administré à coup de fonds publics ? Un épiphénomène.

 

Les mises en garde des entités comme le FMI envers des plans de soutien qui ne prennent pas en compte immédiatement et massivement le volet d’aide à la consommation? Ignorées.

 

L’exemple de la grande majorité des pays, qui ont mis en place des plans de lutte contre la crise bien plus conséquents et comportant un chapitre musclé d’aide à la demande?  On verra après.

 

Après quoi ?

 

Deux paris peuvent tenter certains politiques de la majorité. Il faut espérer qu’ils ne seront pas retenus:

 

-Il n’y aura pas de remise en route solide et durable que si elle commence aux Etats Unis. Et ils sont en train de faire un énorme effort qui bénéficiera à tout le monde et donc à nous. C’est exact, mais un peu court. D’abord parce que sans effort interne, le seul bénéfice des contreparties externes sera faible et lent pour une économie qui n’a pas démarré d’elle même. Ensuite et surtout, parce que avec un tel pari, les variables d’ajustement sont le chômage fort et durable et la baisse de pouvoir d’achat de la population active.

 

-D’ici là, soit les syndicats réussissent à « canaliser » le mécontentement et de défilé en réunion de travail on retardera pas mal les éventuels efforts à faire (lire : le plu près possibles des futures élections présidentielles) soit ils sont débordés par des actes de force non populaires (par exemple, une séquestration qui tourne mal…..) et la réaction sera similaire à celle de l’été 1968 …et nous aurons un cadre politique encore plus favorable que maintenant. Inutile donc de changer de chemin.

 

 

Malgré les petits feu de paille des bourses américaines ces jours derniers, d’ailleurs vite éteins, tous les observateurs économiques s’accordent pour dire qu’on est encore loin d’avoir touché le fond du premier volet de la crise : le volet financier. Le FMI, par exemple estime qu’il manque encore plus de 700 milliards d’euros de fonds propres aux banques européennes pour commencer à se rétablir. Les « nettoyages » d’actifs pourris ne sont toujours pas faits et même si toutes les décisions étaient prises aujourd’hui et toutes dans le bon sens, il faudrait pas mal de mois avant que cela n’infléchisse la tendance. Pendant ce temps les plans sociaux, conséquence de la crise ou d’opportunité continuent, les petites entreprises tentent de ne pas couler avec comme première arme, les réductions d’effectifs.

 

 

Personne n’a encore une solution globale à portée de la main. Il n’en est pas de même des actions politiques qui peuvent reconsidérer les plans de lutte trop axées sur l’offre pour y inclure un fort volet de demande. Surtout, alors que les fonds publics sont utilisés à un niveau jamais atteint, le recadrage fiscal est un impératif de solidarité. Et le fameux risque de « fuite massive de capitaux » qui était déjà peu crédible avant est totalement inopérant maintenant où la fiscalité de tous les revenus et principalement les plus élevés se durcit partout. Sauf  dans notre doux pays !

 

Alors, on attend quoi ? Et pendant combien de temps ?


Jorge Castro

jorge.castro@magnyleshameaux-socialiste.eu


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