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06.01.2010
LE PS ET LA SECURITE
"Les tribunes libres sont des réflexions de militants de la section de Magny les Hameaux dans le but d'ouvrir la discussion et la réflexion sur des sujets politiques de première importance. Les opinions exprimées dans ces textes n'engagent que leur auteur et ne préjugent pas de la ligne que le Parti Socialiste adoptera par la suite sur ces sujets lors de la finalisation de son Projet Politique"
Si il est un thème sur lequel le PS est mal à l’aise depuis longtemps c’est bien celui la sécurité.
Bien qu’il soit impossible d’être catégorique, tout laisse à croire que la défaite de Lionel Jospin en 2002 est due en grande partie à une approche de ce problème qui n’a pas été comprise voire désapprouvée par une majorité des français. L’impact électoral de ce thème est tel qu’il convient de réexaminer toutes les problématiques liées à la sécurité quitte à revenir sur un certain nombre de principes et prises de position à ce sujet.
Approche actuelle du PS
Le PS, et l'ensemble des mouvements de gauche sont de part leur nature les défenseurs de ceux qui sont victimes d'injustice, de ceux qu'on opprime, qui subissent vexations, discriminations et à l'extrême des violences. Vis à vis des auteurs d'actes d'incivilité en tous genres, le PS a eu depuis toujours une approche essentiellement préventive, les auteurs des délits étant, parfois à juste titre, considérés plus comme des victimes (conséquence d'une situation personnelle très défavorable) que comme des coupables.
C'est donc dans cet esprit que le PS a encouragé et privilégié, avec succès le plus souvent, le développement d'actions préventives, oubliant parfois que de telles mesures n'ont d'efficacité que si elles sont associées à une application de sanctions proportionnelles aux manquements constatés.
Actions entreprises par le gouvernement Jospin entre 1997 et 2002
Un certain nombre d'actions ont été entreprises :
§ Création des polices de proximité
Celle-ci repose sur trois piliers:
o la « prévention »
o la « proximité », c'est-à-dire le mode d'intervention
o la « coopération », qui implique un partenariat entre autorités locales, nationales, le secteur privé et associatif.
Il n'est pas inutile de rappeler ce que son fondateur, Jean Pierre Chevènement en disait :
« La police de proximité ce n'est pas seulement une politique de territorialisation, c'est une police qui est à la fois préventive, dissuasive et répressive. À cet égard, elle exerce pleinement ses prérogatives de police judiciaire, participe aux renseignements, met en œuvre les techniques de la police scientifique technique. Enfin, une dimension importante est le suivi et l'aide aux victimes. ».
Cette police de proximité a été supprimée en 2003 par l'UMP et brocardée en particulier par un certain Nicolas Sarkozy, alors Ministre de l'Intérieur, au nom de la « culture du résultat ». Notre omniprésident a néanmoins rétabli celle-ci, sous le nom d'Unités territoriales de quartier (UTEQ), en cours d'expérimentation.
§ Développement des réseaux de prévention
Pour appréhender ce domaine bien spécifique de la prévention, de nombreux ouvrages existent et démontrent le bien fondé et l'importance qu'il faut donner à ces actions, y compris en période de difficultés budgétaires. La gauche plurielle entre 1997 et 2202 avait fait, dans ce domaine, un effort louable qui malheureusement n'a pas été poursuivi par l'UMP et les budgets alloués aux actions préventives sont aujourd'hui en très nette baisse.
§ Rôle social des emplois-jeunes
Dans la fonction publique et au sein des associations, ces emplois ont été un tremplin formidable pour entrer dans la vie active. Les emplois-jeunes, mesure emblématique du gouvernement Jospin lancée en 1997 et abandonnée en 2002 par le gouvernement Raffarin, étaient des CDD de cinq ans dans le secteur non marchand, destinés aux moins de 26 ans. C'est 215000 jeunes (140000 dans les associations set 175000 dans la fonction publique) qui ont ainsi évité l'inactivité, source de nombreuses dérives.
A ce sujet une enquête réalisée par l'hebdomadaire l'Expansion (revue pas spécialement connue pour défendre des thèses socialisantes) en novembre 2006 et portant sur les personnes embauchées par ce biais dans des collectivités locales, et dont le contrat avait expiré mi-2004, révèle que, un an et demi plus tard, 85% occupaient un emploi. Parmi eux, 70% étaient en CDI, 40% gagnaient moins de 1.200 euros par mois et 25% plus de 1.500 euros.
Toutes mesures ont été depuis 2002 mises à mal par les gouvernements de droite.
A vouloir plus, comme certains « idéalistes » à gauche le voulaient, on a eu moins. Ce sont les français qui en subissent les conséquences.
Quant à la gauche et le PS .... !!
Problématiques nouvelles
Les incivilités actuelles diffèrent sur bien des points de celles observées il y a une quinzaine d'année, (l'analyse du rapport 2008 sur la criminalité est édifiant à cet égard).
(Pour plus de détails suivre le lien internet suivant :
Bienvenue sur le site de l'INHES - Le rapport 2008. )
§ La jeunesse des auteurs
Ceci est le résultat le plus souvent d'une démission des parents (souvent aux prises avec d'autres type de difficulté : chômage, précarité, adaptation culturelle,...) qui se trouvent ainsi remplacés dans leurs responsabilité par les grands frères, ceux-ci n'étant pas nécessairement les meilleurs guides.
§ Les conséquences du développement des économies parallèles
L'augmentation des difficultés sociales et principalement celles liées à l'emploi, incitent trop de personnes à profiter, et pire à participer aux divers activités d'économies parallèles, dont la plus connue et la plus lucrative est le trafic de stupéfiants.
§ La violence pour des prétextes futiles
Dans certains quartiers la violence se banalisent, résultat d'un manque d'éducation civique et d'une perte d'échelle de valeurs. Les premières victimes étant des personnes qui ont un comportement irréprochable et qui malheureusement habitent les mêmes quartiers défavorisés que les auteurs de ces violences.
§ Des problèmes spécifiques liés à la communauté d'appartenance
Même si ce point est très sensible et est sujet à débat, on ne peut passer sous silence que certaines pratiques communautaires, comme l'image de la femme dans les communautés musulmanes ou la polygamie dans certaines familles africaines, rendent difficile une intégration, et provoquent incompréhension et sentiment de rejet qui peuvent être la source en final d'actes délictueux.
§ Les conséquences de l'échec scolaire
La nécessité d'avoir une formation professionnelle solide, surtout à l'heure de la mondialisation qui voit les emplois partirent aux quatre coins du monde et plus spécialement les emplois non qualifiés, impose une réussite scolaire. Les personnes en situation d'échec scolaire se retrouvent ainsi marginalisées avec toutes les incidences fâcheuses pour eux et pour la société que cela entraîne.
Actions nouvelles et urgentes à concevoir et appliquer
Ø Une population à protéger
Ø Un rappel des lois de la république
Ø Des parents à responsabiliser
Ø Une lutte sans merci contre les trafic en tous genres
Ø Mise en place de structures pour une réussite scolaire
§ Une population à protéger
Aux abords des quartiers connus pour être le lieu d'actes d'incivilités, se développe un sentiment d'insécurité très mal vécu par la population, et qui empêche de perdurer un certain nombre de commerces de proximité qui sont un élément irremplaçable de la vie d'un quartier. Ces zones doivent être sécurisées soit par une présence renforcée des forces de l'ordre, d'éducateurs de rue, si nécessaire par la mise en place de caméras de vidéo-protection et/ou vidéosurveillance. La sécurité des zones de vie, commerces, places et lieux de rassemblement doit être une priorité.
Une collaboration
Police nationale/gendarmerie ß> police municipale
Services sociaux ß> justice
Population ß-> élus locaux
est indispensable.
Les populations qui pâtissent de ces situations peuvent être tentées de se substituer à la justice, surtout dans les cas extrêmes, donc pour éviter toute dérive il est important de rappeler que nul n'a le droit de se faire justice soi-même. L'aide des populations aux services de police en charge de ces secteurs, est souvent obstruée par la trop célèbre « loi du silence » qui empêche beaucoup de témoignage, d'où la nécessité pour ces personnes de se sentir soutenus et protégés.
§ Un rappel des lois de la république
La France est un pays laïc, le développement du communautarisme a entraîné des dérives dangereuses pour nos valeurs républicaines.
LA LAICITE N'EST PAS NEGOCIABLE
Tout discours qui va à l'encontre de ce principe doit être dénoncé. Toutes les initiatives et actes qui renient ces principes doivent être condamnés. Il ne faut pas donner prétexter à la droite et à l'extrême droite, comme elle l'a souvent fait par le passé, d'accuser le PS et ses alliés de laxisme à ce sujet.
§ Des parents à responsabiliser
Les temps changent, et avec eux les modes d'éducation des enfants. C'est une évolution inéluctable, il ne sert à rien d'évoquer le passé et ces méthodes éducatives d'un autre âge.
Les circonstances actuelles (chômage, séparations de plus en plus fréquentes) compliquent l'éducation parentale. Les parents doivent être rappelés à leurs responsabilités et aidés si besoin. Les mesures du type suspension des allocations familiales comme le préconisent parfois la droite ont un caractère purement démagogique et ne sont d'aucune efficacité. De plus elles sont spécialement injustes, car au sein d'une même fratrie, les manquements des uns ne doivent pas pénaliser les autres. Même si beaucoup de familles sont dans des situations difficiles, un rappel à la loi, avec les risques encourus est indispensable. Les services sociaux des collectivités s'y emploient.
§ Une lutte sans merci contre les trafics en tous genres
Une protection de la population doit être assurée, spécialement pour les plus jeunes tentés par l'exemple de leurs aînés et pour les personnes en situation de précarité qui voient à leur porte un moyen d'avoir de meilleurs revenus . Certains jeunes au niveau de vie sans commune mesure avec leurs revenus affichés sont une insulte à ceux qui travaillent pour gagner parfois peu contrairement à ce que croit ou laisse croire notre omniprésident.
Des séances explicatives, en milieu scolaire plus particulièrement, sur les dangers des conduites additives sont à faire régulièrement.
Les moyens nécessaires à toutes ces campagnes de prévention et de protection ne doivent surtout pas être minimisés sous des prétextes idéologiques, pour plaire aux tenants du tout sécuritaire cher à la droite
Les collectivités se doivent d'accentuer leur participation à cette lutte de tous les instants. Les élus de leurs côtés peuvent rappeler que si la loi interdit certains produits c'est parce qu'ils sont dangereux, et non parce que ces produits sont interdits qu'ils sont dangereux.
§ Mise en place de structures pour une réussite scolaire
La nécessité de réussir sa scolarité est une évidence. Les gouvernants sont conscients de cette réalité depuis longtemps. Au sortir de la guerre, l'école de la République, gratuite laïque et obligatoire comme l'avaient voulue les Pères fondateurs, a permis à nombreux jeunes issus de milieux défavorisés d'avoir accès à des fonctions importantes leur permettant d'accéder à des revenus et à un statut social supérieurs à leur parents. C'était l'époque où l'ascenseur social fonctionnait bien. Depuis une vingtaine d'année, force est de constater que cet ascenseur social est pour le moins poussif. Toutes les études montrent que, à l'exception des enfants issus de familles d'enseignants, le statut social des enfants par rapport aux parents n'évolue plus vers le haut mais aurait plutôt tendance à décroître notamment au niveau des revenus. Savoir que si vous êtes fils de smicards vous serez smicard ne peut qu'entraîner un sentiment d'injustice et inciter à ne faire aucun effort dont on sait par ailleurs qu'ils ne seront pas couronnés de succès. Même si l'échec scolaire n'a pas un impact aussi direct sur la sécurité des citoyens que les problématiques évoquées plus haut, il en demeure pas moins une source de dérive et d'exclusion. Il convient donc de remettre en marche cet ascenseur social en s'attaquant aux causes. Les principales, il y en a bien d'autres, sont les suivantes:
v causes structurelles à l'éducation nationale
-Il est paradoxal de voir les plus jeunes et moins expérimentés enseignants opèrent dans les quartiers sensibles pour ensuite, l'expérience acquise, se voir muter dans des zones plus paisibles. Il n'est nul besoin de faire un sondage pour savoir qu'il faudrait faire exactement l'inverse, bien sûr ceci s'accompagnant des mesures salariales adéquates.
-Une « réformite aigüe » en ce qui concerne les programmes (le contenu) associé à un « immobilisme congénital » en ce qui concerne le « statut des enseignants (le contenant) caractérise l'enseignement depuis toujours. Le premier critère rend difficile la prise de repère des jeunes, et de tous les partenaires du monde éducatif, qui voit une situation évoluer en permanence. Le second critère est beaucoup plus politique, les enseignants étant traditionnellement un gros bataillon des électeurs de gauche (avec une composante d'extrême gauche de plus en plus importante et hostile au PS). Les réformes de statut qui s'imposent dans certains cas (comme pour faire face au problème décrit ci-dessus) impliquent du courage politique.
v prise en compte des difficultés locales insuffisantes
L'enseignement dans les zones urbaines sensibles est particulièrement difficiles, certains établissements scolaires n'ont de scolaire que le nom. L'unicité de moyens (collège unique, grille Noder d'ouverture et fermeture de classes en primaire, filières de lycée sans lien avec l'activité économique locale) est certainement à revoir.
v orientations inadaptées à l'évolution de la société
Les modes de vie (famille monoparentales de plus en plus nombreuses, usage intensif des hautes technologies, ...) nécessitent que l'enseignement s'adapte. Un effort est fait dans ce sens, mais faute de moyens ce qui est fait peut s'avérer insuffisant. Dans ce cas c'est aux élus locaux, à condition qu'ils en aient les moyens, de prendre le relais avec notamment des programmes de réussite éducative qui contribuent à donner un espoir aux jeunes en difficultés.
v coût de certaines études prohibitif
Ceci est vrai notamment pour études de commerce et de gestion, excessivement élevées (les études techniques restant accessibles). Or de plus en plus les entreprises sont gérées par des gestionnaires et non par des techniciens, l'accès aux fonctions de cadres dirigeants ne sera donc plus accessible que par... .les enfants des cadres dirigeants !!
Des décisions politiques doivent être prises pour corriger ces dérives.
D'autres raisons pourraient être évoquées mais il est certain que les collectivités locales doivent faire en sorte de minimiser l'impact des difficultés au quotidien (revenus modestes, logement exigüe, quartier difficile, éloignement des commodités de première nécessité,...) sur la scolarité des jeunes. Ceci correspond à une approche préventive qui reste la meilleure réponse aux dérives et aux problèmes de sécurité.
Jean François POULTEAU
Section de Magny les Hameaux
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