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16.01.2010
LE PS ET L’ENTREPRISE
"Les tribunes libres sont des réflexions de militants de la section de Magny les Hameaux dans le but d'ouvrir la discussion et la réflexion sur des sujets politiques de première importance. Les opinions exprimées dans ces textes n'engagent que leur auteur et ne préjugent pas de la ligne que le Parti Socialiste adoptera par la suite sur ces sujets lors de la finalisation de son Projet Politique"
Un dialogue longtemps impossible
Lorsque, lors de la campagne électorale de 2002, déclarant à propos de Michelin qui s’apprêtait à licencier alors que la santé de l’entreprise était bonne, «l’Etat ne peut rien », Lionel Jospin venait de compromettre très sérieusement son élection à la Présidence de la République. Un discours trop ‘timide’, parce que trop idéologique, sur l’insécurité (autre point sensible au PS) allait définitivement l’exclure du 2ème tour de la présidentielle.
Entre la gauche et l’entreprise longtemps le dialogue fut difficile voire impossible car incompatible de l’idéologie marxiste qui imprégnait tous les partis de gauche, y compris à un degré moindre le PS. C’est François Mitterrand qui, fort de l’expérience d’un 1er mandat l’ayant conduit à faire face aux réalités économiques après 1984 (tournant de la rigueur), avait réconcilié la gauche avec l’entreprise lors de son 2ème mandat.
Une situation actuellement très explosive
La crise économique que nous traversons et la « furia » ultralibérale prônée par notre omniprésident oblige le PS à s’imposer, auprès de tous les salariés, comme le rempart face aux excès du libéralisme qui, tous les jours, voit, toutes catégories sociales et toutes tranches d’âge confondus, le chômage augmenter et la précarité, voire la misère s’accentuer.
Il faut donc proposer des solutions alternatives, qui soient pour être crédibles, faciles à expliquer et à défendre
Une approche réaliste et sociale de l’entreprise , tel doit être le crédo du PS
Dans une économie de marché, l’Etat ne peut imposer aux entreprises que ce qui relève de la loi. Si tel n’est pas le cas, on est dans un système d’économie administrée dont l’histoire a démontré son inefficacité. Il est étonnant d’entendre les cris d’effroi de certains journalistes spécialisés en économie, ou se définissant comme tels, s’indigner des licenciements dans une entreprise qui fait d’importants bénéfices.
Le rôle d’une entreprise est-il d’embaucher un maximum de salariés ou de gagner de l’argent ?
C’est bien évidemment la 2ème hypothèse qui s’applique. C’est cette approche qui doit guider toute démarche visant à réguler une économie libérale. Il faut cependant noter une différence fondamentale entre les pays émergents qui se doivent de développer une économie pour fournir aux populations des produits et service de première nécessité et les pays développés où l’économie est orientée vers une logique de profit indépendamment des produits (avec malheureusement dans certains cas un gaspillage des produits vitaux et plus spécialement alimentaires) . Ce qui nous étonne, et dans certains cas nous indignent, c’est qu’il est parfois nul besoin pour une entreprise d’embaucher plus pour gagner plus.
Comment permettre aux entreprises d’embaucher, sans perdre en compétitivité et sans que celles-ci profitent des éventuelles aides de l’Etat sans contrepartie ?
Les leviers dont dispose l’Etat sont :
-la loi
-les subventions spécifiques
-des mesures ciblées sur un type d’activité ou une catégorie de salarié
-des mesures fiscales orientées sur des critères sociaux (notamment l’embauche et la formation)
Le plan de relance du PS - n’hésiter pas à consulter notre site si vous voulez connaître la globalité de son contenu, un résumé existe également - contient quelques mesures significatives vis-à-vis des entreprises.
Ces mesures sont vraiment novatrices par rapport à celles des périodes Mitterrand et Jospin (excepté la période 1981-1984) c’est pourquoi elles devront être suivies au plus près de leurs applications. Le rôle des élus locaux sera essentiel.
-Des mesures soumises à l’accord préalable des Comité d’Entreprise
Même si l’avis d’un CE est le plus souvent consultatif, un vote négatif de la part des représentants des salariés contribuera à freiner certains excès
-Remboursement des aides publiques aux entreprises qui licencient
C’est certainement une mesure que tous les salariés attendent avec impatience. Lorsqu’une entreprise reçoit des deniers de l’Etat, elle se doit d’en tenir compte dans sa politique sociale.
Dans ce cas le travail et les salariés priment sur le capital et les actionnaires
-Ré- industrialisation des sites désaffectés
C’est l’activité économique qui perdure pour une région. C’est particulièrement indispensable pour les régions qui ont une mono-industrie lorsque celle-ci traverse une crise grave. C’est une politique à long terme nécessitant un investissement financier important sur le plan des moyens et équipements mais aussi et surtout sur le plan de la formation des salariés. Un besoin de suivi sans relâche devra être mis en place pour éviter les mauvais souvenirs de la sidérurgie en Lorraine dans les années 80.
-Pénaliser les entreprises ayant recours aux emplois précaires
L’emploi précaire est une facilité pour l’entreprise, mais un lourd handicap pour le salarié (difficulté pour accéder aux prêts immobiliers notamment). Des mesures fiscales en conséquence pourraient ramener certaines entreprises à plus de sérieux dans ce domaine.
-Interdiction de verser des dividendes aux actionnaires pour les entreprises ayant perçues une aide de l’état
C’est avec le remboursement des aides publiques aux entreprises qui licencient l’autre contrainte majeure qu’on puisse imposer aux entreprises.
-Revoir les règles d’encadrement du marché des crédits aux particuliers
C’est une mesure qui concerne essentiellement les banques et les organismes de crédit. Des crédits consentis sans contrôle suffisant mènent le plus souvent au surendettement avec tous les problèmes souvent dramatiques que cela entraîne.
D’autres mesures peuvent également être envisagées
-renégociation des conventions collectives
C’est l’adaptation à la situation économique d’aujourd’hui qui devra être prise en compte. En aucun cas il ne devra y avoir une quelconque régression sociale.
-meilleure distribution des bénéfices
Il est clair que la part des actionnaires est trop belle, (cf les stock options des cadres dirigeants qui s’apparente plus un affront fait aux salariés qu’à de l’injustice ordinaire !!).
Une redistribution juste et équitable,
C’est certainement l’un des éléments clé de du bon fonctionnement de l’économie libérale. Même si notre omniprésident en parle également, ses amis milliardaires le rappelleront surement à la raison. C’est une mesure qui doit réduire l’écart entre les différentes catégories de salariés en rétribuant de manière équitable et motivante l’implication de tous les salariés aux résultats de l’entreprise.
Peux-t-on imaginer un seul instant que dans certaines entreprises, à la lumière des chiffres que les médias nous communiquent, les revenus respectifs des salariés à chaque extrémité de l’échelle soit en rapport avec leurs mérites et leur investissement dans l’entreprise !!
Tous les accords d’entreprise permettant de changer les règles de redistribution au profit des salariés devront être encouragés.
Jean François Poulteau
Magny les Hameaux
07:52 Publié dans Opinions libres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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