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12.08.2011
Temps gris
Triste mois d’août ! Si le mauvais temps ne nous venait que des nuages, la chose serait douce. Malheureusement, les vents sombres produits par nous-mêmes, petits humains incohérents, sont bien plus gênants.
Que nous allons vivre encore des répliques de la crise qui nous enveloppe de ses bras pas doux depuis 2007 ne fait pas l’ombre d’un doute. Le doute porte seulement -seulement !- sur la durée et l’ampleur que prendra ce coup de Trafalgar ; de quel prix allons-nous payer tant de folies et d’incohérences économiques et politiques.
Le plus préoccupant dans notre petit Hexagone et de constater le déni de réalité et l’incapacité de nos dirigeants à faire autre chose que nous raconter des sornettes en espérant que quelqu’un d’autre qu’eux portera le chapeau le moment venu. Heure après heure, le souci électoraliste prend systématiquement le pas sur la responsabilité face à une situation dont la dangerosité s’aggrave chaque jour.
La dernière marotte est cette fameuse « règle d’or » que l’on prétend découvrir comme le talisman qui peut nous sauver. Voilà des équipes au pouvoir depuis 4 ans, face à une crise de grande ampleur, essayant de nous faire croire qu’une décision dont les effets ne seraient sensibles qu’à partir de 2013 pourrait nous mettre à l’abri du tsunami économique qui gronde à nos portes ! Si l’équilibre budgétaire, aussi souhaitable qu’il puisse être est LE truc, que ne l’ont-ils pas appliqué depuis qu’ils sont au pouvoir ? Que ne l’appliquent-ils pas maintenant, tout de suite ?
Jacques Attali (L’Express, 10 août) remarque : « Seulement, les dirigeants européens, sous l’influence de groupes de pression à courte vue et incapables de penser la politique hors des exigences de la finance, n’ont pas cru à la gravité de la dynamique en marche depuis la fin de 2007 » et il poursuit : « Ils se sont contentés de naviguer au plus près, d’illusoires sommets européens en G 20 de pacotille, repoussant les échéances par des mesures minuscules et des déclarations contradictoires »
De son côté, le président de la Fédération allemande des banques privées (Le Monde.fr du 10 août) est tout aussi clair : "… le problème, c'est l'absence de direction en Europe (...) Les gouvernements à Berlin, à Paris et ailleurs ne se montrent pas courageux pour prendre des décisions". "Ils laissent aller les choses et se laissent mener par la crise"
Mais on occupera l’espace médiatique en parlant du « record » d’expulsions de sans-papiers envisagé (M.Guéant ), du « fichier » des abus aux prestations sociales (M. Mariani), du rôle des « citoyens vigilants » (M. Ciotti) dont le concept et les possibles dérives devraient faire peur, au vu de l’histoire récente de ce pays, même au plus imprudent des hommes politiques.
Hors de la rue, le premier moment « disponible » pour commencer à remettre les choses en ordre est, en septembre, celui des élections sénatoriales. Nos « grands électeurs » peuvent créer une première condition favorable en donnant la majorité à la gauche et mettant enfin en place des moyens d’une opposition efficace aux dérives actuelles. Lourde responsabilité entre leurs mains. Sauront-ils s’en saisir ?
J.Castro
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